Où en est la participation au dépistage en Corse-du-Sud ?
Voici quelques repères pour situer la Corse-du-Sud dans le paysage national, en s’appuyant sur les dernières données publiques (Santé publique France, Assurance Maladie, Centre régional de coordination des dépistages des cancers CORSE – CRCDC) :
1. Cancer du sein : un taux en dessous de la moyenne nationale
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Taux de participation en Corse-du-Sud (2021-2022) : entre 43 % et 45 % des femmes invitées réalisent effectivement leur mammographie.
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Moyenne nationale : environ 50 % (Santé publique France, rapport 2023).
Nous sommes donc en dessous de l’objectif européen minimal (50 %), et légèrement sous la moyenne française déjà jugée trop faible par les autorités de santé selon l’Institut National du Cancer (e-cancer.fr).
Une collègue coordinatrice me confiait : « Beaucoup de nos patientes hésitent à revenir dans les centres radiologiques ou n'ont pas toujours le réflexe de lire l'invitation… On voit aussi des villages où, sur dix femmes invitées, seule une ou deux font le dépistage… »
2. Dépistage du cancer colorectal : des résultats préoccupants
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Taux de participation en Corse-du-Sud (2021-2022) : 29 % à 32 % chez les 50-74 ans.
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Moyenne nationale : 34,6 % en 2021-2022 (Ministère de la Santé).
Chiffre marquant : près de 7 personnes sur 10 ne réalisent pas le test malgré un envoi systématique et un test qui se réalise à domicile en quelques minutes. En Corse, la participation est même légèrement inférieure à la moyenne métropolitaine (source : CRCDC Corse, Jansens 2023).
Souvent, nous entendons : « Je ne ressens rien, alors pourquoi faire un test ? » Or, les cancers colorectaux avancent souvent sans aucun symptôme.
3. Dépistage du cancer du col de l’utérus : des progrès mais encore trop d’oubliées
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Taux de couverture (Corse-du-Sud, 2019-2021) : 52 % des femmes concernées ont réalisé un dépistage à trois ans.
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Moyenne nationale : environ 59 % (Santé publique France, 2022).
Ici, la Corse-du-Sud se trouve aussi en retrait, avec une couverture encore insuffisante. Les jeunes femmes et les plus de 50 ans sont particulièrement moins dépistées (source : Haute Autorité de Santé, données 2022).