Pourquoi parler d’activité physique après 60 ans ?
Quand on évoque la prévention du cancer, on pense souvent à l’alimentation ou au tabac. Pourtant, il y a un allié simple, parfois sous-estimé, et pourtant à la portée de chacun : le mouvement. En Corse-du-Sud, où beaucoup de nos anciens ont grandi à la campagne ou à la mer, “bouger” faisait partie du quotidien. Mais aujourd’hui, l’âge, la fatigue, l’isolement, la peur de se blesser ou les douleurs articulaires peuvent freiner l’élan. Pourtant, même après 70 ans, il est possible – et bénéfique – de reprendre une activité physique.
Les recherches scientifiques sont claires : l’activité physique régulière réduit le risque de cancers fréquemment rencontrés après 60 ans (cancer du sein, du côlon, de la prostate...). Selon l’Institut National du Cancer (INCa), pratiquer 30 minutes d’activité dynamique chaque jour peut diminuer ce risque de 20 à 30 %. Ce n’est pas anodin. Il ne s’agit pas de courir un marathon, mais simplement de bouger à son rythme, sans se faire violence, ni se faire mal.
Comment l’activité physique protège-t-elle contre le cancer ?
Au niveau médical, il a été prouvé que "l’exercice agit sur l’inflammation, le taux de sucre dans le sang, la régulation du poids, la circulation de certaines hormones comme les œstrogènes et l’insuline." (Source : INCa). Or, ces mécanismes jouent un rôle dans le développement de cellules cancéreuses. En d’autres termes, bouger, c’est participer activement à une défense naturelle de l’organisme.
Voici comment l’activité physique agit :
- Elle régule le poids : L’excès de masse grasse, surtout abdominale, augmente les risques de plusieurs cancers.
- Elle réduit l’inflammation chronique, facteur favorisant le développement de tumeurs.
- Elle améliore la circulation sanguine, transportant ainsi mieux l’oxygène, ce qui "ralentit" le terrain favorable à la multiplication anarchique de cellules cancéreuses.
- Elle contribue à un moral plus stable et à une meilleure qualité de sommeil, deux piliers pour affronter ou prévenir la maladie.
Quelles activités physiques sont adaptées aux seniors en Corse-du-Sud ?
Il existe mille manières de s’activer, sans obligation d’inscription en salle de sport ! En Corse-du-Sud, la nature offre un terrain de jeu exceptionnel, mais encore faut-il adapter l’activité à ses capacités, à ses douleurs, et à son environnement.
Les activités “douces” recommandées
- Marche active : Sur le port d’Ajaccio, dans le maquis ou en forêt, seul ou entre amis, la marche rapide s’adapte sans aucune barrière d’âge. Conseillée par la Haute Autorité de Santé (HAS).
- Natation ou aquagym : L’eau soulage les articulations. Certaines piscines en Corse-du-Sud proposent des séances « seniors ».
- Gymnastique d’entretien : Souvent organisée dans les villages par des associations ou les CCAS, parfois même gratuitement.
- Qi-Gong, Taï-Chi, yoga : Ces disciplines venues d’ailleurs conviennent parfaitement aux plus de 70 ans, améliorant équilibre, mobilité et souffle.
Et pour celles et ceux qui n’osent pas se lancer seuls ?
- Collectifs de marche : Plusieurs communes, comme Propriano ou Porticcio, organisent chaque semaine des rendez-vous destinés aux seniors. Essayer, c’est souvent adopter !
- Initiatives de la Ligue 2A : Au printemps, des ateliers « Bouger pour sa santé » rassemblent toutes les générations, au bord de la plage ou dans les locaux associatifs.
- Ateliers de prévention des chutes : Certains kinésithérapeutes en Corse-du-Sud animent des séances collectives, qui allient plaisir, sécurité et prévention de la perte d’autonomie.
Pour celles et ceux qui souffrent d’une maladie chronique ou qui ont déjà eu un cancer
C’est une idée reçue de penser que seule une personne « en parfaite santé » peut faire du sport. Aujourd’hui, l’autre grand volet reconnu par la Haute Autorité de Santé, c’est l’activité physique adaptée (APA) : c’est-à-dire encadrée par un professionnel formé, qui connait vos antécédents et adapte les exercices.
En Corse-du-Sud, plusieurs structures et associations proposent de l’APA :
- Centres de soins de suite ou de réadaptation (SSR) : Nombre d’entre eux, à Ajaccio, Sartène ou Porto-Vecchio, proposent des programmes de reprise en douceur.
- Les maisons sport-santé (exemple : Ajaccio) : Elles encadrent des séances adaptées, en lien avec vos médecins traitants.
- Kinésithérapeutes spécialisés ou éducateurs médico-sportifs : Adressez-vous à votre médecin traitant ou à la Ligue contre le Cancer pour avoir des contacts.
| Situation |
Type d’activités recommandées |
Professionnels à contacter |
| Arthrose, douleurs articulaires modérées |
Marche adaptée, vélo d’appartement, aquagym douce |
Kinésithérapeute, éducateur APA |
| Antécédents de cancer |
Activité physique adaptée, yoga, marche nordique douce |
Médecin traitant, Ligue 2A |
| Essoufflement, maladie cardiaque stabilisée |
Marche lente, exercices respiratoires, gym douce |
Cardiologue, kiné respiratoire |
Quels sont les freins à l’activité et comment les dépasser ?
En consultation, beaucoup de seniors confient leurs craintes : « Je ne sais pas par où commencer », « J’ai peur de tomber », « Je n’ai plus la motivation ». Il est normal d’avoir des doutes, surtout après une opération, une chimiothérapie ou une période d’isolement !
- Faire le premier pas doucement : Commencer par 5 à 10 minutes par jour, même simplement en se levant de sa chaise plus souvent, en montant quelques marches ou en arrosant son jardin.
- Se fixer des rendez-vous : Pour beaucoup, s’inscrire à une activité collective donne un cadre régulier.
- Accepter la fatigue… puis sentir le progrès : Les courbatures sont normales au début. Après une semaine, on se sent déjà “plus léger”.
- Ne pas hésiter à demander conseil : Médecin, kiné, pharmacien ou bénévole de la Ligue peuvent guider, orienter, rassurer.
5 gestes simples pour intégrer le mouvement dans sa vie à tout âge
- Ouvrir les volets chaque matin et faire quelques étirements debout, au grand air si possible.
- Appeler une amie pour une promenade, même sur 500 mètres : la régularité compte plus que la distance.
- Profiter des marchés locaux pour marcher, porter son panier, échanger un sourire (le lien social est aussi une prévention !).
- Monter, descendre les escaliers dans la maison, ou dans son immeuble, à son rythme.
- Participer à une activité encadrée par un(e) animateur(trice) formé(e) – yoga, gym, piscine ou jardinage collectif.
Exemple local : la randonnée adaptée à Sainte-Lucie-de-Tallano
Dans le village de Sainte-Lucie, une trentaine de seniors se retrouvent lors du printemps pour des “marches douces”. Le parcours fait à peine 1,5 km, mais les pauses sont nombreuses, l’ambiance chaleureuse, et chacun partage ses astuces pour continuer à bouger malgré les douleurs ou la fatigue. Ces marches sont organisées en lien avec la mairie et la Ligue 2A. Elles montrent qu’il n’y a pas d’âge pour profiter de la nature corse, tant qu’on le fait à son rythme, bien entouré.
Ressources utiles et contacts locaux
- Institut National du Cancer : fiches pédagogiques et conseils d’activités selon l’âge et les risques médicaux.
- Ligue contre le cancer 2A : informations locales, ateliers, initiatives de prévention.
- Votre mairie, CCAS, ou maison sport-santé : pour connaître les ateliers collectifs près de chez vous.
- Association “Santé Bien-être en Corse” : accompagne la reprise d’activité physique après une maladie chronique.
Une invitation à bouger, ensemble
Prendre soin de soi n’a pas d’âge : même une petite marche, quelques minutes de respiration consciente ou un atelier “gym douce” participent à cette lutte collective contre le cancer. Il n’y a pas d’objectif de performance. L’essentiel, c’est d’intégrer des mouvements, jour après jour, selon ses possibilités, et si possible avec le sourire. Ensemble, en Corse-du-Sud, nous pouvons faire du mouvement un rempart joyeux contre la maladie. N’attendons pas le printemps ou de meilleurs jours. On peut commencer aujourd’hui, chacun à son rythme — et toujours, à plusieurs, c’est encore plus facile.
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