Cancer et enfant : des mots justes pour expliquer, rassurer et accompagner
Il est préférable de dire la vérité avec des mots adaptés à son niveau de compréhension. Donnez les informations nécessaires maintenant et complétez-les lorsqu...
Dans notre quotidien, les addictions nous concernent tous, de près ou de loin. Il ne s’agit pas seulement du tabac ou de l’alcool : aujourd’hui, on parle aussi d’addictions aux écrans, au jeu, à la nourriture… Ces comportements répétitifs et difficiles à contrôler peuvent toucher n’importe qui, à tout âge. Ici, en Corse-du-Sud comme ailleurs.
Prendre conscience de ces risques, c’est déjà une manière d’agir. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que le tabac est responsable d’un décès sur dix dans le monde (Source OMS). L’alcool provoque plus de 40 000 morts par an en France (Santé publique France). Quant aux écrans, la préoccupation grandit : les troubles liés à un usage excessif sont en hausse chez les plus jeunes.
Le mot “addiction” n’est pas seulement synonyme de manque de volonté. C’est une véritable maladie, dans laquelle le cerveau s’adapte au produit (ou au comportement) et finit par le réclamer, parfois intensément. La sensation de “ne pas pouvoir s’en passer” n’est donc pas un mythe, ni une faiblesse. C’est une modification biologique, qui touche la motivation, le plaisir, mais aussi l’anxiété et le repli sur soi.
Quand une personne me dit “je croyais pouvoir arrêter quand je voudrais, mais finalement non”, je sais que c’est bien plus que de la simple envie. Les facteurs sont multiples : génétiques, environnementaux, sociaux, psychologiques… Ce qui veut dire aussi que les solutions, elles, doivent être adaptées, et jamais culpabilisantes.
Les chiffres font parfois peur. Mais ils sont aussi là pour nous rappeler que l’on peut reprendre la main, un pas après l’autre, avec du soutien et des stratégies adaptées.
Limiter, c’est d’abord reconnaître la difficulté. Personne n’a intérêt à se juger. Voici des gestes concrets, et des exemples simples, que nous pouvons tous mettre en place.
Chacun a ses “moments à risque” : la pause-café, le stress au travail, la solitude le soir, etc. Prendre quelques minutes pour identifier ces instants aide à trouver des stratégies alternatives.
Un petit exemple vécu : une collègue racontait qu’arrêter de fumer le soir était impossible… jusqu’au jour où elle a réalisé que c’était surtout l’ennui devant la télé qui la poussait à prendre une cigarette. En remplaçant ce moment par dix minutes de marche ou de lecture, elle a progressivement diminué sa consommation.
Personne n’aime les “cases vides”. Remplacer une habitude, c’est mieux que simplement la supprimer.
Vaut-il mieux arrêter du jour au lendemain ? Cela marche pour certains, mais majorité des personnes réussissent par étapes. Diminuer progressivement, par exemple une cigarette de moins chaque jour, ou fixer des “jours sans”, permet de ne pas se décourager.
Plusieurs études montrent qu’un changement d’habitude prend en moyenne 21 à 60 jours pour s’installer durablement (Source INSISTER-CIE). L’essentiel, c’est la régularité, même si l’on trébuche parfois.
En Corse-du-Sud, la Ligue contre le Cancer propose des ateliers gratuits (sophrologie, gestion du stress, nutrition adaptée), qui aident à renforcer la confiance en soi et à sortir de l’isolement, étape souvent indispensable pour sortir des conduites addictives.
Rare sont ceux qui “réussissent du premier coup”. Il n’y a ni honte à “rechuter” ni nullité à devoir recommencer. L’important est de repartir. Un proverbe corse dit : “Cascà, hè naturale, arrizzassi hè curaghju” (Tomber, c’est naturel, se relever c’est du courage).
| Type d’addiction | Quelques solutions spécifiques |
|---|---|
| Tabac | Substituts nicotiniques, application Tabac Info Service, consultation de tabacologie, acupuncture, marche quotidienne, ateliers en groupe. |
| Alcool | Consultation d’addictologie, programme Alcool Info Service, emploi du temps sans alcool (évènements, jours particuliers), mocktails (cocktails sans alcool), suivi psychologique. |
| Écrans | Définir des horaires “sans écran”, pause numérique (digital detox), désactiver les notifications, pratiquer des activités de plein air, organiser des soirées jeux de société. |
| Jeux d’argent | Liste d’auto-exclusion sur les sites de jeux, consultation avec un addictologue, groupe de parole (joueurs anonymes), repenser le budget en étant accompagné. |
On sait que 9 adolescents sur 10 ont déjà été exposés à la cigarette, à l’alcool ou à des écrans avant l’âge de 15 ans (Enquête ESPAD 2019, OFDT.fr). Plus on agit tôt, plus on limite les risques de dépendance durable.
Dans les collèges et lycées de Corse, la Ligue 2A intervient régulièrement pour proposer des ateliers collectifs autour des dépendances, avec des jeux de rôle et des témoignages d’anciens consommateurs. Ça parle, ça touche, et parfois, ça déclenche un début de prise de conscience.
“Je veux arrêter, mais je ne sais pas par où commencer” — c’est sans doute la phrase la plus entendue. La prévention, c’est aussi offrir des petites portes d’entrée. Quelques pistes accessibles partout en Corse-du-Sud :
Chaque petit pas compte. Un jeune adulte est venu en atelier après avoir simplement “cliqué sur un post Facebook de la Ligue”. Ce contact, même minime, peut changer un parcours. Ce n’est jamais “trop tôt” ni “trop tard”.
La lutte contre les addictions n’est pas un combat solitaire. Ni une question de courage isolé. C’est un chemin que l’on peut choisir de prendre ensemble, au rythme de chacun. Ici, en Corse-du-Sud, comme ailleurs, des ressources existent, des mains se tendent. Reprendre la main sur ses habitudes, c’est aussi envoyer un message fort : à soi, à ses proches, et à la société – le cancer n’est pas une fatalité, et chaque effort compte.
Qu’il s’agisse de tabac, d’alcool, d’écrans ou de jeu, c’est possible d’agir. Pour soi. Pour les autres. Et pour la vie, tout simplement.