Mais comment limiter vraiment les addictions ?
Limiter, c’est d’abord reconnaître la difficulté. Personne n’a intérêt à se juger. Voici des gestes concrets, et des exemples simples, que nous pouvons tous mettre en place.
1. S’informer : la connaissance, premier pilier
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Savoir ce que l’on risque (par exemple, comprendre que “fumer 10 cigarettes par jour double le risque d’infarctus”).
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Repérer les signes d’une mauvaise habitude qui dérape : perte de contrôle, besoin de compulsivité, négligence des autres plaisirs, isolement social.
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S’appuyer sur des ressources fiables :
2. Comprendre ses déclencheurs
Chacun a ses “moments à risque” : la pause-café, le stress au travail, la solitude le soir, etc. Prendre quelques minutes pour identifier ces instants aide à trouver des stratégies alternatives.
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Gardez un petit carnet (ou utilisez une note sur le téléphone) : notez quand survient l’envie, ce que vous ressentez, ce qui s’est passé juste avant.
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Partagez avec une personne de confiance : échanger, c’est déjà alléger le poids.
Un petit exemple vécu : une collègue racontait qu’arrêter de fumer le soir était impossible… jusqu’au jour où elle a réalisé que c’était surtout l’ennui devant la télé qui la poussait à prendre une cigarette. En remplaçant ce moment par dix minutes de marche ou de lecture, elle a progressivement diminué sa consommation.
3. Trouver des substituts positifs
Personne n’aime les “cases vides”. Remplacer une habitude, c’est mieux que simplement la supprimer.
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Sport ou activité physique quotidienne : une marche de quinze minutes réduit l’envie de fumer ou de boire de l’alcool, car elle fait sécréter des endorphines, les fameuses “hormones du plaisir”.
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Occupations manuelles : dessin, jardinage, cuisine, bricolage – occuper les mains et l’esprit réduit l’envie de grignoter ou de fumer.
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Hydratation : souvent, derrière l’envie de grignoter ou de fumer, se cache la soif. Garder une gourde d’eau près de soi est une astuce simple, mais efficace.
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Distraction sociale : inviter ou appeler un proche, faire une activité à deux.
4. Fixer des objectifs réalistes
Vaut-il mieux arrêter du jour au lendemain ? Cela marche pour certains, mais majorité des personnes réussissent par étapes. Diminuer progressivement, par exemple une cigarette de moins chaque jour, ou fixer des “jours sans”, permet de ne pas se décourager.
Plusieurs études montrent qu’un changement d’habitude prend en moyenne 21 à 60 jours pour s’installer durablement (Source INSISTER-CIE). L’essentiel, c’est la régularité, même si l’on trébuche parfois.
5. S’appuyer sur l’entraide et les accompagnements
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Groupes de parole (souvent proposés par des associations locales ou la Ligue contre le cancer).
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Entourage familial ou amical : se confier, demander un soutien, fixer des objectifs communs (“On passe la soirée sans alcool tous ensemble”).
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Professionnels de santé : médecin traitant, infirmière, psychologue, pharmacien. Ne jamais hésiter à les solliciter – c’est justement leur métier !
En Corse-du-Sud, la Ligue contre le Cancer propose des ateliers gratuits (sophrologie, gestion du stress, nutrition adaptée), qui aident à renforcer la confiance en soi et à sortir de l’isolement, étape souvent indispensable pour sortir des conduites addictives.
6. Accepter le droit à l’erreur
Rare sont ceux qui “réussissent du premier coup”. Il n’y a ni honte à “rechuter” ni nullité à devoir recommencer. L’important est de repartir. Un proverbe corse dit : “Cascà, hè naturale, arrizzassi hè curaghju” (Tomber, c’est naturel, se relever c’est du courage).