Réduire les risques de cancer : pourquoi certains aliments méritent d'être limités au quotidien

Prévenir, soigner, accompagner en Corse-du-Sud

Pourquoi notre alimentation joue-t-elle un rôle dans le risque de cancer ?

Manger, ce n’est pas seulement se faire plaisir : c’est aussi donner à nos cellules tout ce dont elles ont besoin pour fonctionner, se réparer, se défendre. Mais certains aliments ou modes de préparation, consommés trop souvent, peuvent “fatiguer” l’organisme ou créer un terrain qui favorise l’apparition de cellules cancéreuses. Pour bien comprendre, rappelons quelques chiffres :

Certains aliments ont été identifiés, à la suite d’études de grande ampleur, comme étant associés à un risque augmenté de différents cancers. Il est donc utile de les limiter, pour agir là où nous avons un véritable pouvoir.

Les viandes rouges et charcuteries : attention à la fréquence

Nous sommes nombreux, en Corse et ailleurs, à aimer la viande : agneau pascal, grillades d’été, lonzu, coppa… Pourtant, depuis plusieurs années, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Institut national du cancer (INCa) sont formels :

Pour donner un ordre d’idée, une analyse du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a montré que 50 g de charcuterie consommées chaque jour augmentent le risque de cancer colorectal d’environ 18%. C’est à peine deux petites tranches de saucisson par jour (source : OMS).

Que recommande-t-on concrètement ?

Dans mon expérience, le plus facile est de prévoir une ou deux journées sans viande chaque semaine, et de privilégier les plats à base de légumes, de légumineuses ou de poisson.

Sucres et boissons sucrées : des excès qui favorisent des cancers évitables

On pense souvent que “le sucre nourrit les cancers”. Ce n’est pas si simple. Notre corps a besoin de sucres pour fonctionner. Mais l’excès de sucres rapides (pâtisseries, boissons sucrées, céréales du petit-déjeuner industrielles…), en augmentant le surpoids, favorise indirectement de nombreux cancers, notamment du sein, du foie, du pancréas, du côlon.

Un rapport du World Cancer Research Fund (WCRF) indique que le surpoids et l’obésité sont responsables d’environ 13 types de cancers. Et la consommation de sodas ou de jus “100% fruit” à la chaine est associée à une augmentation de ce risque (source : The BMJ, 2019).

Produits ultra-transformés : une vigilance à garder dans le placard

Le mot “ultra-transformé” est entré dans notre vocabulaire depuis peu, et c’est un vrai enjeu de santé publique. Ces produits industriels (chips, plats préparés, céréales fourrées, nuggets, sodas…) cachent souvent du sucre, du sel, des graisses de mauvaise qualité, et des additifs (émulsifiants, colorants…) dont certains sont suspectés de perturber nos cellules.

Comment repérer ces produits ? Quand la liste des ingrédients est longue, complexe, pleine de termes que même un amateur de Scrabble aurait du mal à prononcer, c’est le signe. À l’hôpital, beaucoup de familles sont surprises : “Mais alors, même les céréales du matin ?” Eh oui. On apprend à décrypter les étiquettes ensemble, en atelier – et cela change déjà beaucoup de choses.

Alcool : même une faible consommation augmente les risques

C’est parfois difficile à dire, car le vin fait partie de notre patrimoine et de nos repères sociaux. Mais l’alcool, même à faible dose, est responsable de près de 41 000 nouveaux cas de cancer chaque année en France (source : INCa, 2021). Le vin, la bière et les alcools forts sont tous concernés.

Il n’y a pas de niveau de consommation “sans risque”. Pour protéger sa santé, il s’agit de réduire autant que possible la fréquence, d’éviter les apéritifs quotidiens, et de miser sur d’autres plaisirs partagés. Nombreuses sont les familles qui se rappellent qu’on peut aussi trinquer à la vie… avec une belle citronnade. C’est un changement de regard, mais qui porte ses fruits à long terme.

Grillades, fritures, cuisson excessive : les modes de cuisson à surveiller

En été, les grillades sous le maquis sont un vrai moment de convivialité. Mais attention aux excès : lorsqu’une viande (ou même du poisson) est cuite à très haute température, surtout au contact direct de la flamme, il se forme des substances appelées “amines hétérocycliques” et “hydrocarbures aromatiques polycycliques”. Pour faire simple, ce sont des composés qui peuvent endommager l’ADN de nos cellules, et favoriser le développement du cancer (source : American Cancer Society).

En famille, il est facile d’alterner une grillade “maîtrisée” (viande bien marquée, mais non brûlée) avec des salades généreuses et colorées, ou des poissons cuits au four.

Le sel, cet “ennemi invisible” : gare aux excès cachés

Le sel donne du goût, c’est vrai. Mais il irrite aussi nos muqueuses digestives et, quand il est consommé en excès (plus de 5 g par jour, soit une cuillère à café rase), il est associé à un risque accru de cancer de l’estomac, particulièrement quand il provient de produits industriels et de charcuteries (INCa).

A l’hôpital, il n’est pas rare de voir des patients surpris d’apprendre que le fromage, par exemple, compte souvent dans l’apport quotidien en sel. Apprendre à goûter avant de resaler, à utiliser des herbes fraîches, des épices ou des zestes de citron peut donner du relief à nos plats tout en protégeant nos cellules.

Ce que l’on peut faire, pas à pas, pour se rapprocher d’une assiette protectrice

Changer ses habitudes, ce n’est pas toujours évident. Mais chaque geste compte. Voici des idées concrètes, issues du terrain :

  1. Prévoir des repas sans viande ni charcuterie au moins 2 à 3 fois par semaine. Misez sur les lentilles, pois chiches, haricots blancs, ou les œufs en omelette.
  2. Remplacer une boisson sucrée par une eau aromatisée maison (menthe, citron, concombre…).
  3. Cuisiner maison quand c’est possible, même simplement : une ratatouille, une soupe, des légumes grillés au four avec de l’huile d’olive.
  4. Varier les garnitures : pommes de terre vapeur, patates douces, riz complet, pois cassés, semoule de maïs…
  5. Garder sur la table des fruits frais pour le dessert ou le goûter, à portée de main des enfants (une assiette de quartiers de pomme, ou de clémentines pelées, attire beaucoup plus que le paquet de biscuits fermé !).
  6. Repérer dans les rayons les produits affichant la liste d’ingrédients la plus courte possible.
  7. Réserver l’alcool aux moments spéciaux, et s’offrir de nouveaux rituels de fête sans alcool.
  8. Expérimenter d’autres cuissons : chaque semaine, essayez une nouvelle manière de préparer vos viandes ou poissons (en papillote, au bouillon, ou tout simplement à la poêle avec un filet d’huile d’olive).

Ce qu’on oublie souvent : rien n’est jamais “foutu”

Si l’on devait retenir une seule chose, ce serait celle-ci : il n’y a pas de bilan à dresser, de score parfait à viser. Même après des décennies d’habitudes, il n’est jamais trop tard pour agir. La santé, c’est une somme de petits choix, renouvelés chaque jour, chaque repas. Plus d’une fois, j’ai vu des proches décider, à 50 ou 60 ans, de changer doucement leur façon de manger. Et les bénéfices sont là : moins de fatigue, meilleure digestion, sentiment de reprendre la main sur sa vie.

Agir sur l’alimentation, ce n’est qu’une partie de la prévention du cancer. Mais c’est une partie que nous pouvons partager, transmettre, et améliorer ensemble, avec le soutien de nos proches, de nos soignants, de nos associations, ici en Corse, comme ailleurs. Prendre soin de soi et des autres, c’est aussi ce qui nous rassemble face à l’épreuve de la maladie.

Pour aller plus loin ou obtenir des conseils personnalisés, n’hésitez pas à contacter la Ligue contre le Cancer de Corse-du-Sud. Ensemble, avançons, un pas après l’autre.

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