Pourquoi s’intéresser à ce que nous mangeons ?
Ici, en Corse-du-Sud, la convivialité autour de la table est bien plus qu’une tradition : c’est une façon d’être ensemble, de transmettre, de partager. Pourtant, parmi nos beaux produits et nos habitudes, certains choix alimentaires peuvent augmenter nos risques de cancer. Les études scientifiques sont formelles : près de 40% des cancers pourraient être évités grâce à l’adoption de modes de vie plus sains, en particulier en adaptant ce que nous mettons dans notre assiette (Source : INCa, Institut National du Cancer).
Comme infirmière en oncologie, c’est souvent un point qui revient dans les conversations : Que puis-je changer dans mon alimentation pour protéger ma santé ou celle de mes proches ? L’objectif n’est pas d’avoir peur de manger, mais de comprendre, geste après geste, comment réduire les risques tout en profitant du plaisir du repas.
Focus sur les aliments à limiter : ce que disent les études
En discutant avec les équipes de la Ligue ou lors de permanences à l’hôpital, je croise beaucoup de fausses idées : « Le naturel ne peut pas être mauvais », ou « Tout est dans la quantité ». Pourtant, certaines habitudes, typiques ou non, sont pointées du doigt par la recherche. Voici les principaux aliments à éviter ou à limiter pour réduire le risque de cancer, notamment du côlon, du foie, du sein et de l’œsophage (Source : INCa, OMS, Ligue contre le Cancer).
Les charcuteries et viandes transformées : attention aux excès
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Pourquoi sont-elles concernées ? Aucun aliment n’est « cancérogène » en soi en mangeant une bouchée, mais une consommation régulière est clairement liée à une augmentation du risque de certains cancers. Les charcuteries (saucisson, lonzu, coppa, jambon sec…) contiennent souvent du sel, des conservateurs (nitrates, nitrites) et parfois des fumées. L’OMS a classé les viandes transformées comme des cancérogènes avérés pour l’homme, notamment pour le cancer colorectal.
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Quels produits regarder ? Saucisson, pâté, jambon, corned-beef, mais aussi bacon, hot-dogs, saucisses, mortadelle… Sur l’île, beaucoup sont artisanaux, mais l’absence d’additifs ou la « fabrication maison » ne protège pas des risques liés à la consommation excessive de viande transformée.
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Quelle quantité ? Le repère officiel : pas plus de 150 grammes de charcuterie par semaine (INCa).
La viande rouge : modération et alternatives
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Définition : Veau, bœuf, agneau, mouton, porc. La « viande rouge » n’est pas qu’une question de couleur, mais aussi de type de muscle consommé.
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Pourquoi modérer ? Consommer trop de viande rouge augmente le risque de cancer colorectal. Ce n’est pas la part de porc dans la charcuterie ou le veau à la broche d’un dimanche isolé, mais une fréquence élevée hebdomadaire qui pose problème.
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Quantité maximale recommandée : 500 grammes de viande rouge cuite par semaine, soit deux à trois portions (INCa, WCRF).
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Des alternatives : Volaille, poisson, œufs, légumineuses, qui peuvent prendre le relais dans nos recettes familiales.
Alcool : le risque est proportionnel à la consommation
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Faut-il bannir le verre à l’apéritif ? Il est important de savoir que chaque verre d’alcool augmente le risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx, œsophage, foie, sein, côlon… Le mythe du « petit verre de vin bon pour la santé » est contredit par toutes les grandes études récentes (Source : ANSES, Santé Publique France).
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La réalité en Corse-du-Sud : Les moments conviviaux, le vin du coin, la bière entre amis… font partie de notre identité. Ce qui change tout, c’est la régularité et la quantité. Une consommation excessive ou quotidienne augmente singulièrement le risque.
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Repère : Pas plus de 2 verres par jour, et pas tous les jours. Mais médicalement, moins on boit, mieux c’est pour la prévention du cancer.
Sucres raffinés et produits ultratransformés : vigilance au quotidien
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Qu’appelle-t-on sucres raffinés ? Ce sont les sucres ajoutés, que l’on retrouve dans les pâtisseries industrielles, sodas, biscuits, confiseries… Plus le produit est sucré et industriel, plus il est problématique pour la santé.
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Lien avec le cancer : Si le sucre en lui-même n’est pas cancérigène, sa consommation excessive augmente le risque de surpoids et d’obésité, et indirectement les risques de cancers (par exemple du foie, du sein, du pancréas).
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Autre point de vigilance : Les produits « ultratransformés » (plats préparés, snacks, barres chocolatées...) regroupent plusieurs risques : sucres, sels, graisses saturées, additifs. Privilégier les produits bruts ou peu transformés autant que possible.
Sel : pourquoi faut-il faire attention en Corse-du-Sud ?
Le sel est indispensable en cuisine, et encore plus dans beaucoup de nos recettes locales (charcuteries, fromages, pains…). Or, en excès, il favorise l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, mais aussi le cancer de l’estomac (Source : OMS).
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Quantité maximale : 5g/jour (soit une cuillère à café)
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Astuces : Goûter avant de resaler, remplacer le sel par des herbes aromatiques ou des épices, préférer le « fait maison » aux plats préparés.
Tableau récapitulatif : aliments à limiter dans son assiette
| Catégorie |
Pourquoi limiter ? |
Quantité recommandée |
Alternatives locales |
| Charcuteries |
Augmente le risque de cancer colorectal (OMS, INCa) |
150g/semaine |
Œufs, poisson, légumes secs, fromages locaux |
| Viandes rouges |
Risque colorectal si excès |
500g/semaine |
Volaille, lapin, végétarien occasionnel |
| Alcool |
Favorise plusieurs cancers (foie, sein…) |
Pas plus de 2 verres/jour, pas tous les jours |
Jus de fruits frais, eaux aromatisées maison |
| Sucres raffinés |
Prise de poids et risques indirects de cancer |
Limiter au maximum |
Fruits frais, compotes maison |
| Produits ultratransformés |
Sels, additifs, graisses saturées |
Eviter autant que possible |
Plats maison, produits locaux simples |
| Sel |
Risque cancer estomac |
5g/jour |
Herbes corses, épices, condiment maison |
Nos habitudes insulaires : comment adapter sans tout bouleverser ?
Quand on vit dans une région comme la Corse-du-Sud, où la générosité de la table est un pilier de la culture, il n’est pas question de bannir les plaisirs ou de culpabiliser qui que ce soit. L’essentiel est dans la fréquence et la quantité, et surtout dans la capacité à varier. J’ai souvent vu des familles qui, en ajoutant un légume de saison, en passant à la volaille lors d’un repas sur deux, ou en réservant la charcuterie pour les fêtes, réduisent facilement les principaux risques.
Ce qui est précieux, c’est aussi de renouer avec la cuisine maison, les produits frais du marché, de redécouvrir les légumineuses, les soupes, ou les fruits produits localement. Les vieilles recettes d’antan, parfois oubliées, étaient souvent plus équilibrées que ce que l’on pense. On gagnait en saveur et en santé.
5 gestes simples pour mieux manger au quotidien
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Lire les étiquettes : Plus la liste des ingrédients est courte, mieux c’est.
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Privilégier les couleurs dans l’assiette : Fruits, légumes, légumineuses, représentent des alliés anti-cancer reconnus (fibres, antioxydants…).
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Limiter les portions de charcuterie : Garder ces plaisirs pour les moments exceptionnels ou festifs.
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Bouger plus, manger mieux : L’alimentation va de pair avec l’activité physique, essentielle pour réduire de nombreux risques.
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Parler alimentation en famille : Transmettre nos habitudes, mais aussi nos nouvelles connaissances, surtout aux plus jeunes.
Ancrer les bons réflexes alimentaires en Corse-du-Sud
La prévention, c’est une affaire de petits changements répétés plus qu’une transformation radicale. Chacun, à son rythme, peut introduire plus de plats faits maison, limiter progressivement la charcuterie et l’alcool, réapprivoiser les fruits, les légumes de saison, tenter une nouvelle recette riche en fibres.
Sur le terrain, lors de nos actions avec la Ligue contre le Cancer de Corse-du-Sud, on le vérifie : l’information partagée aide à agir, et le collectif donne le courage de tenir les bonnes résolutions. Changer quelques habitudes, ce n’est pas se priver de bons moments ensemble – c’est garantir de pouvoir en vivre longtemps, et en pleine santé.
N’hésitez pas à vous rapprocher de la Ligue, de votre médecin ou d’un diététicien pour obtenir des conseils personnalisés et adaptés à votre situation.
Ensemble, protégeons notre santé autour de la table, sans oublier le plaisir de partager.
Sources : INCa (Institut National du Cancer), OMS (Organisation Mondiale de la Santé), WCRF (World Cancer Research Fund), ANSES, Santé Publique France, Ligue contre le Cancer.
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